Ca y est, c’est fini… Ma mission a officiellement pris fin hier avec la fête de fin d’année…
Après de longues répétitions, préparatifs et autres organisations, le jour est venu !
Les enfants sont arrivés avec leur tenue (propre et recousue pour l’occasion), les filles avec des coiffures pas possibles et les garçons rasés du jour même, bref la classe.
(Les tantis aussi sur leur 31)
Avec l’heure et demi de retard de rigueur (pas évident pour les enfants, hum !), le spectacle a commencé devant les parents d’élèves et autres autorités de convenance. Une scénette de théâtre par
la grande section (sensée sensibiliser les parents sur le fait que l’école n’est pas un dispensaire, et que par conséquent, quand un enfant a 40 de fièvre, il n’est pas nécessaire de l’amener…),
suivie par un chant commun, une comptine des petits, récitations et chant des moyen (déguisement à l’appui !)
et pour finir une danse tradi par les filles de grande section. Pour finir, le riz gras pour tous (ben oui, à 16h, c’est l’heure, non ?) et du zomcom (eau de bienvenue). (repas pour 200
personnes, ça demande pas mal de boulot… les filles et nièces des cantinières ont été réquisitionnées, les tantis aussi, renfort oblige !)
Dans la cour, une expo des moments forts de l’année et des travaux des enfants, (comme vous pouvez le constater, ma chère 4L me manque, j’essaie de compenser !).
Et l’heure du départ est arrivée… Les enfants qui partent comme tous les jours, sauf que là, c’est la dernière fois que je les voit… Merde, ça y est c’est fini..
Profitant d’un voyage d’étude de fin d’année
qu’organisait l’établissement de potes volontaires (Eric et Bertrand), je me suis immiscée dans la partie avec Marie. Départ le vendredi de Fada, avec seulement une petite heure de retard, à 9
dans une Hiace, nous nous lançons sur la piste rouge (traduction : poussière au menu !).
On profite du voyage pour dire
bonjour au père d’un des profs présents, puis de la femme du père d’un des profs présents, et enfin du frère du père d’un des profs présents qui n’est autre que le chef du village qui nous offre
un coq. Bref, après tout ça, nous arrivons un jour à la frontière togolaise, on s’occupe du visa, puis, notre point de chute : le centre régional d’éducation technique et de formation
professionnelle (on est d’accord, on va dire le CRETFP, hein ?) de Dapaong.
Accueil très
chaleureux de l’équipe de l’établissement.
Le lendemain, nous commençons la journée par… la visite au préfet !
et oui, on annonce aux officiels notre présence, pratique protocolaire, arrosée de pompeux discours forts conventionnels de rigueur (on s’y fait presque à force…). On continue la journée
par un échange pédagogique entre profs des deux centres (là je me suis dit que, en effet, je m’étais immiscée !!) , visite des locaux. Un petit match de foot, rien de tel pour
rapprocher les peuples n’est ce pas ? qu’il en soit ainsi : un match alors !
Le dimanche, départ programmé à 6h qui se
fait finalement à …7h30 (vraiment, l’heure africaine je m’y suis faite, attendre ça va, … sauf quand ça nécessite un réveil bien trop tôt !!).
Au programme, ascension d’une montagne (c’est là qu’on se rend compte
qu’on a pas fait de sport depuis 9 mois !), quand même bien ardue mais pour le plaisir, pendant que nous croisons des femmes avec des charges monstrueuses sur la tête et qui en sont sûrement
à leur 2ème aller-retour ! Après une petite ballade sur la crête, on arrive à une echelle raide sur le flanc de montagne (genre via ferrata) et là, pas de problème : on voit
une femme remonter là dessus avec sa bassine d’eau sur la tête… avec le vide juste en dessous ! A notre tour de descendre pour découvrir des greniers en terre vieux de l’an 800, temps de
guerre où les villageois venaient cacher femmes, enfants et vivres. Impressionnant de conservation !
Et à l’étage du dessous, on voit
l’endroit où la femme était venue chercher son eau : une paroi rocheuse d’où sort goutte à goutte un peu d’eau ! Les gens viennent poser leur bassine là le soir et récupère le
matin ! C’est la seule source d’eau potable pour les villageois sur la montagne… rustique !
Le soir (enfin l’après midi mais on dit soir passé midi !) nous
allons au marché de Sinkassé (ville frontalière d’où gros marché). Le lundi matin, eh bien, après avoir dit bonjour au préfet, on va lui dire au revoir ! Lundi, c’était le 1er
juin, jour de l’arbre au Togo ! donc nous plantons chacun notre arbre avant d’échanger les cadeaux avec les profs, les remerciements, une visite au musée et nous repartons à
Fada !
Séjour court mais sympa. Paysage qui change un peu de chez nous mais pas
tellement : nous n’étions qu’à 250km de Fada ! Mais, en tous cas, c’était très intéressant du point de vue interculturel : un schéma simpliste peut vite se
dresser :
Différence culturelle = différence de vision = incompréhension =
conflit…
S’il n’y a aucune communication, ça peut aller
vite !
Hier, c’était la cérémonie de clôture du LPJ, le collège où travaillait Marie. Discours, animation
musicale, autour d’une bière et d’un poulet (obligatoires pour ce genre de rencontre !) quand, la pluie s’est invitée. Le pluie, que dis-je ! une tempête de poussière qui, un jour,
après avoir fait crisser plus d’une mâchoire, a bien voulu amener la pluie.
Réfugiés dans les salles de classe, nous avons continué la soirée (entrecoupée par les coupures de
courant) avec la remise des prix aux meilleurs élèves, danses, animation musicale, remerciement à Marie (et même pas la petite larme, pff).
Je me suis rendue compte du potentiel-drague des profs envers les élèves ! c’est
hallucinant !!
La soirée c’est finie à l’Océan Pacific, une des deux boites de Fada, pour le bal. Là, c’était plutôt
le potentiel-drague tout court à découvrir…les danses ici sont souvent collées, collées !
Bref, soirée sympa qui clôt la mission de Marie, et sonne pour moi les trompettes imminentes de ma fin
de mission et de Fada…
Je cède à la pression parentale : je met des photos de ma nouvelle tête ! « ben oui, mais on te vois
plus sur ton blog, déjà que tu n’écris plus grand chose,… »
Alors, voilà quelques images de la tête qui m’a valu 12 heures de
tressage ! si si si si…
Si j’avais su, j’vous assure, j’aurai pô
v’nue !
Voilà qu’ici j’aurai récupéré toutes les heures de maquillage, de
coiffure et de coiffeur non réalisées en France ! c’est bon, mon quota-nana sera respecté !